Archive pour juillet 2008

Bidons

Mercredi 23 juillet 2008

Bidons Art C

Dans une ancienne décharge, une carrière, des bidons comme stockés là clandestinement. À l’abri des regards et loin de tout lieu habité. Dessus : Art Contemporain et le pictogramme « bio hazard ».

Dialogue House

Jeudi 10 juillet 2008

Dialogue House

player: Evelin Gerda Lindner

A la fin des années 90, Evelin Gerda Lindner, fondatrice du réseau Human Dignity and Humiliation Studies de Columbia University New York, venait me voir pour me demander de concevoir un dispositif pour permettre le dialogue entre personnes de communautés antagonistes. Il s’agissait de permettre l’échange, progressivement de réduire la tension entres communautés et d’amener les deux interlocuteurs à se parler plus directement. Elle avait été émue du potentiel du Tunnel sous l’Atlantique et imaginait que l’on pourrait concevoir un dispositif qui permettrait le rapprochement entre communautés rivales. J’ai immédiatement proposé cette forme. On entre des deux côtés sans se croiser. Au bout d’un premier couloir : le dispositif de dialogue. Après un temps, prenant le chemin du retour, les interlocuteurs peuvent choisir entre quitter le lieu ou accéder à la partie centrale qui permet de se rencontrer de manière assez confortable et de parler enfin en direct. La symétrie du dispositif équilibre la rencontre. A tout moment la bifurcation est possible. C’était là une situation très concrète renvoyant aux situations que je développais dans les dispositifs interactifs mais avec un niveau d’implication sur le réel qui fait la valeur du projet. Celui-ci n’a pas été réalisé sans pour autant que son actualité et sa pertinence en soient amoindries.

Quarxs movie

Jeudi 10 juillet 2008

Quarxs Movie

Player : François Schuiten

Au début des années 90 je réalisais avec la complicité e François Schuiten et Benoît Peeters une des toutes premières séries en images de synthèse 3D : les Quarxs. Après une première série de 12 épisodes largement récompensée sur le plan international et diffusée sur France 3 et Canal + en prime time, la seconde série n’a pu se faire. A l’époque la directrice des programmes jeunesse de France 3, particulièrement visionnaire, avait décidé que l’image de synthèse n’arriverait jamais à toucher le jeune public et qu’en conséquence elle ne donnait pas suite. La série s’est donc arrêtée là. Après un projet inabouti de jeu vidéo (1994) nous nous sommes lancés avec François Schuiten dans la conception d’une version long métrage. Entièrement défini dans sa trame narrative et son approche stylistique, le scénario est resté inachevé. Peut être parce que la mutation dans l’imaginaire collectif du concept d’accident opérée par le 11 septembre fragilisait la symbolique du projet.
(more...)

Vedute

Mardi 8 juillet 2008

Vedute

Players, Oleksandra Yaromova, Jean-Jacques Gay, Eesi, TAP Poitiers

Un projet pour la façade translucide et vidéo de la Scène Nationale de Poitiers. Le projet n’a pas été retenu mais il me plait que ce soit un ami dont le travail animera la façade. Dans le droit fil de Watch Out ! Vedute convertit le regard des passants en un œil géant découvrant le monde alentour. Le Théâtre devient la scène sur laquelle le monde se réfléchit ; tout d’abord flou, en attente de l’observateur. L’image du monde bouge alors sur la peau de l’édifice à la manière des jeux d’ombre de la caverne platonicienne. Parfois un visage s’approche de la « Porte », boîte percée d’un trou qui invite le regard. C’est lui que l’on voit alors sur la façade jusqu’à ce que l’œil intrigué contemple un temps le monde avant de se lasser.

Vedute2

Le lieu de spectacle devient l’origine d’où l’on perçoit le spectacle de la vraie vie. Last Life.

Le titre Vedute reparait sans que le lien entre les projets soit totalement Ă©vident, quoique…

Vider le grenier

Mardi 8 juillet 2008
Attic

C’est l’été, il faut respecter les traditions et en profiter pour vider le grenier. Accepter enfin de mettre les projets délaissés, inachevés, rejetés, non-financés, à la décharge. Accepter d’en faire le deuil. C’était là la fonction initiale du Dump et pourtant j’ai tardé à faire ce nécessaire dégraissage. Un projet archivé encombre inutilement la mémoire, déchargé, il pourrait alimenter l’imaginaire des autres. Il se pourrait même que certains d’entre eux reprennent vie à l’air libre.
Il faudrait s’interroger sur le fait d’éternellement différer le geste. Il en est des concepts de création comme des vieux meubles : un équilibre entre encombrement et attachement les maintient en suspend jusqu’au jour où l’on prend conscience du fait qu’ils plombent notre envol, qu’ils constituent une masse inerte qui nous ramène constamment à un état antérieur de la pensée conditionnant en retour le projet à venir. Il ne faut pas confondre la sédimentation des expériences, profondément fertile, et le ressassement des intentions en mal d’actualisation.

Museum of Post-Contemporary Art (MuPCA)

Dimanche 6 juillet 2008

MuPCA

Paris est une ville qui semble croire à un déterminisme calendaire qui affecterait l’histoire de l’art et plus encore l’architecture de sa conservation. Orsay: un musée du XIXème siècle, le Centre Pompidou: un Musée du XXème siècle consacré au modernisme et au postmodernisme. On comprend alors que ce découpage cristallise une vision segmentée de l’histoire de l’art qui trancherait par siècle.
L’évidence s’impose de la nĂ©cessitĂ© d’un lieu dĂ©diĂ© Ă  la monstration et la conservation du post-contemporain que par facilitĂ© nous appellerons le MusĂ©e du XXIème siècle. Entre temps la question de la conservation de la crĂ©ation faisant appel aux nouveaux mĂ©dias, rĂ©putĂ©e dĂ©matĂ©rialisĂ©e mais profondĂ©ment techno-dĂ©pendante, rĂ©solument rĂ©sistante Ă  la rĂ©ification -et donc aux transactions financières - mais dont on sait, et ce projet tente d’anticiper le phĂ©nomène, qu’à l’image de celle qui l’a prĂ©cĂ©dĂ©e, elle sera absorbĂ©e par l’histoire de l’art qui ne refuse aucun objet quelle qu’en soit la forme, la cause ou l’effet pour peu qu’il fasse Ă©cole. Ce n’est plus Ă  dĂ©montrer.

Contre sens ou sens interdit ?

Mercredi 2 juillet 2008
Wrong Way

Le blog tient de la sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e. Non par la nĂ©cessaire qualitĂ© de son potentiel attractif (il en est d’excellentes) mais par l’exigence singulière que suppose sa structure fragmentĂ©e, elliptique, Ă©pisodique.
Quelques propriétés de l’exploration d’un blog qui méritent d’être rappelées:
- Chaque nouvel article doit pouvoir ĂŞtre lu sĂ©parĂ©ment de l’ensemble et conserver tout son intĂ©rĂŞt hors contexte. Dans l’ordre du narratif, c’est une propriĂ©tĂ© qui distingue la sĂ©rie du feuilleton.
- La régularité de la production est déterminante pour conserver un lectorat assidu.
- La longueur doit être compatible avec la lecture sur écran très différente en cela de la lecture de la chose imprimée.
- Il faut aussi prendre en compte cette particularitĂ© du blog dont la dĂ©couverte est nĂ©cessairement chronologique et dont on n’embrasse l’ensemble du propos, quand on l’a dĂ©couvert tardivement, qu’en remontant le flux, de post en post, assumant l’acrobatie temporelle qui en rĂ©sulte mettant Ă  l’Ă©preuve nos capacitĂ©s cognitives.

Écrit au jour le jour le blog pourrait être incompatible avec un propos structuré, avec une construction académique, avec une pensée qui suit le chapelet d’un discours maîtrisé. Le blog est plus dans le débordement, dans la dérive, surtout quand celle-ci assume la fonction désinhibitrice du genre, peu enclin à sacrifier à la règle. Est-ce à penser que cette forme interdit le propos cohérent comme on aurait pu le dire des Lettres persanes qui suivaient le fil épistolaire comme d’autres celui de leurs pensées ?

Quel sens donner alors au blog imprimé, dérogeant à son ordre, perdant la dynamique du flux et du commentaire, de l’humeur et du repentir? Le blog imprimé, réification contre nature, peut pourtant s’avérer le meilleur moyen de redécouvrir a posteriori la cohérence derrière le chaos du jour.

Générateur de bibliographies

Mercredi 2 juillet 2008

Le cas est frĂ©quent: l’Auteur doit fournir une bibliographie. On sait combien l’exercice est fastidieux non pour le fait d’avoir Ă  rendre hommage aux ouvrages qu’avec plaisir ou intĂ©rĂŞt on aura consultĂ© et que l’on recommande vivement Ă  tous ceux qui s’engageraient sur les mĂŞme voies, mais pour avoir Ă  en Ă©tablir la liste acadĂ©mique avec son appareil de rĂ©fĂ©rences. Certains, on le sait, vont jusqu’Ă  copier les bibliographies disponibles en ligne plutĂ´t que d’avoir Ă  sacrifier un temps prĂ©cieux Ă  l’exercice. D’oĂą l’idĂ©e simple mais productive de crĂ©er un gĂ©nĂ©rateur de bibliographies : on entre le sujet, les thèmes, les mots-clefs… et on obtient la prĂ©cieuse liste. FondĂ© sur la fouille de donnĂ©es, le moteur analyse la rĂ©currence des rĂ©fĂ©rences liĂ©es Ă  un sujet prenant en compte titre/rĂ©sumĂ©/Ă©dition. Les rĂ©fĂ©rences seront hiĂ©rarchisĂ©es en fonction de leur frĂ©quence de citation dans des revues et publications rĂ©pertoriĂ©es par les instances d’Ă©valuation de la recherche.
Une version plus Ă©laborĂ©e ne se substitue pas Ă  l’Auteur mais apprend Ă  le servir en observant sa pratique et ses rituels.

Le gĂ©nĂ©rateur fournit une liste structurĂ©e, limitĂ©e au nombre de rĂ©fĂ©rences requis par le commanditaire en ne conservant que les titres et les auteurs les mieux “classĂ©s” parmi ceux mentionnĂ©s dans le texte que la bibliographie accompagne. ApparaĂ®trait en gras ceux que le commanditaire aura effectivement consultĂ©. Afin de personnaliser la sĂ©lection, un système rudimentaire d’apprentissage retiendra les auteurs valorisĂ©s par l’Auteur par citation, pointage, confirmation, suppression dĂ©finitive de la liste. Une liste noire pourrait contenir les noms Ă  ne jamais mentionner. Une liste blanche ceux qu’il ne faut pas oublier : rĂ©fĂ©rences incontestables ou simplement incontournables, auteurs Ă  la notoriĂ©tĂ© grandissante, Ă©crits des membres du jury pour un mĂ©moire ou une thèse.

Ecrire une thèse

Mercredi 2 juillet 2008

Projet dumpé en 1985

Un Musée de commissaires (Museum of Curators)

Mercredi 2 juillet 2008

Museum of Curators
La fin du vingtième siècle a consacrĂ© le commissaire en le plaçant au sommet de la pyramide artistique. Si le glissement de statut l’a progressivement transformĂ© en auteur, puis en artiste, je propose d’aller jusqu’au bout de la logique historique et de crĂ©er, au vingt-et-unième siècle, le premier musĂ©e de commissaires. C’est lĂ  que l’on pourra dĂ©couvrir une collection complète des actes curatoriaux majeurs de ces 30 dernières annĂ©es sous forme de documentation, mais aussi parfois de reconstruction Ă  l’identique ou encore de maquette d’expositions qui ont marquĂ© l’histoire de l’art contemporain.
Une variante de ce projet pourrait faciliter la reconstitution en supprimant de l’exposition tous les Ă©lĂ©ments potentiellement revendiquĂ©s par des artistes (toiles, sculptures, installations, vidĂ©os, et.) en ne conservant de leur prĂ©sence dans le dispositif originel que le cadre de poussière laissĂ©e sur le mur, le ronronnement du projecteur vidĂ©o, la trace au sol de la sculpture en fonte Ă©crasant la moquette. Cette approche prĂ©senterait le double avantage de rĂ©duire les frais de prĂ©sentation (assurances, transport, location d’Ĺ“uvre) et de ne donner Ă  voir que la matĂ©rialitĂ© de ce qui fait le geste curatorial: le fil sĂ©mantique et spatial qui relie des fragments de sens en dĂ©shĂ©rence.