Archive pour juin 2008

Eyegrapher

Dimanche 29 juin 2008

Art Impact
On sait combien le graffitiste doit luter avec la pesanteur pour accéder à des surfaces dignes d’être taguées. Ce sont des surfaces réputées inaccessibles, donc moins bien protégées, et visibles de loin comme tous les objets élevés dans le paysage urbain.

Il suffit de détacher l’outil de la main pour ne pas avoir à déplacer le corps. Le dirigeable aisément bricolé à partir de composants du commerce, peut véhiculer la peinture et une version améliorée de l’aérographe (le bien nommé). Le manipulateur expérimenté pourra ainsi, à distance et en toute impunité, signer le monde pour échapper au néant qu’entretiennent la pesanteur et la multiplicité des corps pensants.

Une variante amusante, dans la droite ligne de la Mémoire rétinienne collective (Art Impact, So.So.So.) me pousserait à imaginer que la chose volante puisse fonctionner comme un système de surveillance et de projection. Une micro camera sur le dirigeable prélèverait un fragment de l’image du monde pour le projeter en quadrichromie sur la surface disponible. Juste retour du monde à la surface des choses en guise de mémoire redistribuée.

La GREVE (Oil on Strike)

Dimanche 29 juin 2008

Oil on Strike

Nous sommes dans une pĂ©riode Ă©trange oĂą l’épuisement des ersatz idĂ©ologiques ne parvient pas Ă  apporter de rĂ©ponse satisfaisante en termes d’action face Ă  un libĂ©ralisme triomphant ; c’est dans sa nature!
Rares sont ceux qui se disent encore rĂ©volutionnaires et pourtant la nĂ©cessitĂ© du changement est patente tant les signes de crash potentiel se multiplient : Ă©cologiques, Ă©conomiques, religieux, culturels, militaires…
Les modalitĂ©s d’action traditionnelles –manifestation, grève…- peuvent avoir un impact local, voire corporatiste (augmentation de salaire, maintient de l’emploi…) mais peu d’impact sur les enjeux Ă  l’Ă©chelle nationale ou planĂ©taire. Il reste Ă  inventer des formes d’action, d’inflexion des tendances, adaptĂ©es Ă  notre Ă©poque.

La crise du pĂ©trole se trouve ĂŞtre Ă  l’image des valeurs en vigueur: spĂ©culation intensive (dissociation du prix et du marchĂ©), consommation excessive d’un capital limitĂ© : Ă©puisement des Ă©nergies fossiles.

Les pratiques hors d’usage :
La révolution comme son nom l’indique n’évoque que l’éternel retour de certitudes de substitutions supposées remplacer avantageusement les valeurs dominantes. Et l’heure n’est plus aux certitudes mais à l’évaluation de leur crise et de leurs conséquences. Seules les grandes religions continuent de maintenir l’illusion de certitudes inébranlables qui n’apparaissent en rien une réponse acceptable (et moins encore souhaitable) à la crise du village planétaire.

La grève touche souvent ceux qui ne sont pas Ă  l’origine du prĂ©judice subi.

Le boycott, lui, devient rapidement intenable pour ceux qui le pratiquent comme pour ceux qui le subissent. Comme dans toutes les formes aggravées d’addiction, la responsabilité entre producteur, fournisseur et consommateur est partagée et il ne s’agit pas de punir mais de guérir.

Le projet est ici de programmer, DANS UN AN, LA GREVE DU PETROLE.

Il s’agit bien d’une action collective, qui se limite Ă  une seule cible : la consommation immodĂ©rĂ©e du pĂ©trole.
L’annonce largement anticipĂ©e permet de se prĂ©parer Ă  l’évĂ©nement.
Et c’est la prĂ©paration qui constitue la vĂ©ritable action.
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Silence ! (2)

Dimanche 29 juin 2008
Silence

Une image, un tableau dans un espace public qui ne devient visible que lorsque personne ne parle proximitĂ©. Il s’efface lorsqu’une voix s’Ă©lève. Il Ă©nonce par son comportement les conditions de son apprĂ©ciation. La visibilitĂ© de l’image est inversement proportionnelle au bruit environnant. AppliquĂ© Ă  la publicitĂ© urbaine le principe contredit la stratĂ©gie du phatique. L’interpellation n’est plus le moyen d’imposer l’image au regard du passant. Celui-ci, dans le doute, se verra obligĂ© d’interrompre le cours de sa vie pour prendre connaissance d’un message dont il dĂ©cidera s’il en est ou non le destinataire. La structuration de certains rĂ©seaux de communication est fondĂ©e sur ce modèle : chacun Ă©met pour tous, seul le vrai destinataire “Ă©coute”.

Reverse Time Reverse Money

Dimanche 29 juin 2008

Reverse Time Reverse Money

Players : Oliafur Eliason, Michael Bloomberg

Le Public Art Fund annonce le financement d’un nouveau projet urbain d’Olafur Eliason : The New York City Waterfalls. La rencontre la plus surprenante n’est probablement pas la présence de chutes d’eau dans New York mais la franchise du maire de la ville ; Michael Bloomberg, qui en toute honnêteté précise :
“Not only does public art excite and inspire New Yorkers, it helps draw visitors and adds millions of dollars into our economy” *

L’acceptation de l’art dans ses formes les plus extrĂŞmes par les esprits les plus conservateurs a toujours Ă©tĂ© favorisĂ©e par leur plus petit dĂ©nominateur commun : l’argent, le retour sur investissement. La convertibilitĂ© du supplĂ©ment d’âme en plus value financière constitue un moteur de fait de la production artistique et l’énormitĂ© des lieux d’art rĂ©cemment construits dans les grandes villes de la planète rĂ©pond bien Ă  la mĂŞme logique quand leurs commanditaires prĂ©cisent off the record qu’il s’agit pour eux de reproduire l’effet Bilbao sous entendu la plus value touristique d’un Ă©difice spectaculaire largement mĂ©diatisĂ©. La question est alors de savoir dans quelle mesure un projet artistique trouve ses moyens dans sa mĂ©diatisation indĂ©pendamment de son propos ou bien s’il se dissout dans la logique de son financement ne vĂ©hiculant plus d’autre message qu’un compromis spectaculaire.
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Art After Technology Dump#141 Instance 1

Samedi 21 juin 2008

Artt After Technology
La revue du MIT, Technology Review me demande pour son édition française, la rédaction d’un article sur LE FUTUR DE L’ART. L’occasion est trop belle pour ne pas passer à l’acte et rédiger une première version résumée du projet « dumpé » Art After Technology.
Publié en version réduite dans le numéro 7 de juin 2008 de la revue qui ne sera pas distribué pour des raisons économiques, voici un passage à l’acte qui retombe dans le compost du Dump.
La version intégrale se retrouve sur mon site en attente d’un développement ultérieur voire d’une publication :
L’art après la technologie

SYMPa-thétique

Mercredi 18 juin 2008

Player : les Inrocks 17-23 juin 2008 : «Plus d’argent pour les facs « performantes » et moins pour celles qui privilégient les sciences humaines. SYMPA, ou « SYstème de répartition des Moyens à la Performance et l’Activité », est le nouveau projet de financement des universités par l’état présenté dans un rapport rendu le 11 juin (2008) par six sénateurs. Son objectif : « restaurer une plus grande équité entre les universités, tout en incitant à davantage d’efficience dans l’utilisation des moyens »

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LAB-IP

Mercredi 18 juin 2008

LAB I P
Le sentiment d’impuissance face à la dissolution des idéologies et des systèmes de valeur pousse trop souvent à la consommation immodérée de substances prohibées ou fortement surtaxées, ou encore à la recherche d’issues qui auraient jusqu’alors échappé à la vigilance des plus désespérés d’entre nous.

Créer un LABoratoire d’Innovation Politique pour redonner envie de penser le monde, d’imaginer un futur qui ne soit pas qu’une caricature du présent, pour montrer qu’on peut être actif et décrispé, jubilatoire et vigilant, responsable et imaginatif, bref que le futur reste à inventer par ceux qui s’ennuient de la répétition des grands soirs, des petits matins et des lendemains qui déchantent quand la dérive gagne le monde en douce.

Changer le monde

Mercredi 18 juin 2008

changerlemondesml.jpg
Y a-t-il d’autre projet possible pour l’artiste que de changer le monde ? Rien qu’un peu ? Au moins le changer dans le regard des autres, dans notre perception, dans son intelligibilité. En cela le projet artistique se rapproche du projet scientifique et du projet politique.
Les réseaux ont étendu la portée de l’activisme du politique au symbolique. Pourtant on ne peut que s’interroger sur l’impact de gestes souvent dérisoires, dont la portée ne dépasse pas le jardin de ses pairs. Le label « hacktivisme », copulation de hacker et d’activiste, apparait de plus en plus là où on ne l’attend pas : sur des objets gentiment anticonformistes, comme un blouson clouté pour cacher la cravate.
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Last Life (reminder)

Mercredi 4 juin 2008

Last Life online
Un jeu en ligne, reality game, pour gagner sa vie :

Alors que les metavers persistent à nous proposer des substituts colorés à la grisaille de notre quotidien, que les jeux vidéo nous offrent un nombre de vies égal à notre capacité à réduire celle des autres, il me paraît urgent de rappeler que le temps réel que l’on passe à se forger une vie 3D, on ne le passe pas à reconstruire la notre à l’image de nos rêves.

Le Reality Show appliqué au jeu vidéo en ligne

LAST LIFE ! Enjoy It

Si les autres préfèrent votre réalité à la leur, vous avez gagné !

Chacun met en ligne une webcam qui filme une partie de sa vie, de son environnement ou du monde réel alentours.
Un modèle blanc de la ville constitue la surface d’affichage de ces cadres de vies qui sont placés dans l’espace tridimensionnel à la place équivalente à celle qu’il occupe dans le monde réel.

Le temps que d’autres passent à observer cette fenêtre sur notre vie, est du temps de leur vie qu’ils dédient à la notre. Ça fait autant de points d’intérêt à notre actif. Le gagnant n’est pas celui qui fait le plus de points d’intérêt mais celui qui atteint l’objectif de visibilité qu’il s’est fixé. On peut, par exemple, faire le pari de n’intéresser personne et, bien que présent dans l’espace « publique » ne faire l’objet d’aucune attention. Le jeu peut distinguer les participants des visiteurs. Les visiteurs ne peuvent qu’ajouter des points d’attention. Les participants perdent des points équivalant au temps qu’ils passent à regarder les autres plutôt qu’à agir sur le réel pour atteindre leur objectif.

That’s the question!

Lundi 2 juin 2008

LAst LIfe What Else