Archive pour mars 2008

Aesthetic Impact, 3D Emotional Crash Dummy

Vendredi 28 mars 2008

Abaqus BioRID II

player : Abaqus BioRID II

Un mannequin de synthèse pour simuler les tests d’impact dans un accident automobile produit par le “Global Human Body Model Consortium”. Le simulacre d’un substitut. Le mannequin physique permet d’effectuer la mĂŞme opĂ©ration supposant qu’en situation d’accident, le libre arbitre est neutralisĂ©. Dans une telle situation la prĂ©sence d’un cerveau dans le corps et la capacitĂ© de commander des fonctions musculaires sont rĂ©putĂ©es indiffĂ©rentes. Il serait excessif d’en dĂ©duire que le cerveau nous est inutile dans une situation qui met en cause la survie en Ă©branlant nos capacitĂ©s de dĂ©cision par surcharge cinĂ©tique ou Ă©motionnelle.

Quand verrons-nous un mannequin de synthèse simuler l’émotion esthétique?

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L’EAU RARE

Mercredi 19 mars 2008

eau rare

Player : Raymonde Moulin, Le Marché de l’art

La sauvegarde de la rareté est, selon Raymonde Moulin, la condition nécessaire de l’acceptation par le marché de l’art. Il est en effet remarquable de voir comment la conscience de la rareté affecte le regard autant que le marché.

Afin de débarrasser le sujet de toute dimension symbolique choisissons un matériau avant qu’il ne s’informe et non un objet. Prenons le plus banal. Débarrassons-le des propriétés qui le rendent nécessaire à notre survie. Oublions qu’il constitue plus de 80% de notre corps. Bref intéressons nous uniquement à ses propriétés esthétiques.
L’eau constitue le parfait candidat. Imaginons l’eau sans soif, l’eau affectée de la rareté du diamant. On redécouvre alors sa transparence, sa pureté, plus ou moins grande, ses propriétés dynamiques exceptionnelles. Ses propriétés optiques étonnantes, diffraction et réfraction qui créent reflets et distorsions, font de l’eau à l’état aqueux un non-objet à la plasticité paradoxale, qui prend la forme de tout les contenants mais ne la conserve qu’avec la complicité de la pesanteur.

On se rend compte aussi que l’eau ne séduit pas par elle-même mais par comment elle altère ou réfléchit l’image du monde. C’est parce que la transparence n’est pas totale que nous percevons, sans la toucher, la présence de l’eau. C’est grâce à son reflet que les premiers hommes, dit-on, prirent conscience de leur image. Voici une matière qui n’est pas belle en soi mais à travers soi. Une matière médium, ou plutôt une matière média qui prend une toute autre valeur quand on s’intéresse de façon métaphorique son opposé

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WAR PAIX Concorde

Dimanche 16 mars 2008

War Paix Concorde

Plus que jamais la communication autour de la chose apparait comme la clef de lecture du projet. L’affiche de lancement de la nouvelle scénographie de l’Arc de Triomphe se devait de permettre une lecture rapide de l’enjeu : questionner le symbole, faire pencher une symbolique oscillante de sa polarité militaire vers son potentiel pacifique. C’était tout l’objet de l’installation permanente : traiter du monument comme sujet en interrogeant sa monumentalité, ses références, son origine, ses stases symboliques, mais aussi sa fonction, rare, de monument exclusivement symbolique : un monument national, représentant la nation, mais au travers du filtre de la guerre. Et de là, confronter le monument à la réalité d’une période, la nôtre, qui privilégie les valeurs de paix pour en avoir fait son ecosystème pendant maintenant plus de soixante ans.

Quand j’ai su qu’il était question d’envahir par l’affiche la Concorde, l’occasion était trop belle et j’ai proposé, outrepassant mon rôle en touchant à la communication, deux affiches dont j’imaginais qu’elles se feraient face, séparés par les rails, sur les quais opposés de la station « Concorde », la bien nommée de la ligne 1. Bien entendu l’histoire en a décidé autrement, l’anglais pour « WAR » faisait problème, m’a-t-on dit. Mais il reste le thème qui hantera désormais le monument et sa communication, témoin d’un doute qui n’était pas dans l’intention, mais qui transpire désormais dans les aléas de la mission du monument national: « entre guerre et paix ».

Arc des FĂŞtes

Dimanche 16 mars 2008

Arc des FĂŞtes
player: Lola Duval

A s’interroger sur la valeur et la pertinence symbolique d’un monument construit en une période historique particulièrement guerrière, on en vient à peser le rapport entre la masse et le symbole, le triomphe à la tonne. Il importe de ne pas occulter les témoignages de l’histoire pour la rendre plus lisible mais aussi pour donner à comprendre les renversements qui font que la planète (touristes du monde, plus que citoyens) piétine d’aise les retours militaires triomphants, devenus fort heureusement un hommage définitif aux victimes anonymes car on l’avait compris, on ne triomphe pas d’une guerre, on y survit.

Le projet est ici de crĂ©er un Arc des FĂŞtes, loin de la porte sans mur et sans battant que l’on franchit la tĂŞte haute, celui-ci ne serait en rien un obstacle au regard, le contraire d’un lieu phare, landmark qui identifie fièrement les carrefours urbains, plutĂ´t une absence, un monument en creux, peut-ĂŞtre pour rendre hommage aux absents anonymes et involontaires, qui pour n’avoir pas Ă©tĂ© de ceux qui partaient dĂ©fendre la rĂ©volution en 1792 sur les pas de la Marseillaise de Rude, n’en sont pas moins morts, par dĂ©faut ou par hasard, qui restent la majoritĂ© anonyme et dĂ©finitivement silencieuse des guerres passĂ©es prĂ©sentes et Ă  venir.
Le lieu se veut festif, car tout moment que l’on passe à faire la fête est un moment que l’on ne passe pas en guerre.

L’autisme de l’auteur

Samedi 8 mars 2008

Pour le préserver des rigueurs de conservateurs du patrimoine par trop zélés, je suggérais récemment à un responsable du Centre des Monuments Nationaux de faire inscrire au fronton de l’Hôtel de Sully, siège du CMN, la devise suivante :

Le CONSERVATISME est au CONSERVATEUR
ce que l’AUTISME est à l’AUTEUR

Comme il est peu probable qu’il passe à l’acte, et même que la démarche ait un effet quelconque sur ceux qui ne sauraient se sentir concernés, ce petit projet de devise finit au Dump, come il se doit.

Saint Georges terrassant le présent

Samedi 8 mars 2008

stgeorgessml.jpg

Les expériences récentes, passant par l’Abbaye de Fontevraud dont je réalisais en 2000 le parcours multimédia, et l’Arc de Triomphe, dont nous venons avec Christophe Girault, de réaliser l’installation permanente, m’ont permis de découvrir la puissance des forces de conservation où intelligence et savoir faire se concentrent sur la négation du devenir, et la préservation de la pierre de toute présence organique réputée néfaste à la Mission.
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