Archive pour janvier 2007

Choix multiples

Samedi 27 janvier 2007

Feutre Transparent

L’art serait une sĂ©rie de choix qui conduit Ă  un assemblage complexe de propositions et de renoncements dont l’équilibre prĂ©caire tend Ă  dĂ©livrer les sens. Mais pourquoi faudrait-il choisir, pour faire simple, entre la transparence et l’opacitĂ©, le lourd et l’aĂ©rien, l’ombre et la visibilitĂ©, les questions et la rĂ©ponse


L’idĂ©e me venait ce matin de matĂ©riaux, candidats Ă  l’existence, dont une personne au moins apprĂ©cierait l’usage, et qui pour cette raison mĂ©ritent d’ĂȘtre inventĂ©s s’ils ne le sont dĂ©jĂ .
Cherchant un matĂ©riau insonorisant et laissant passer la lumiĂšre, et ceci avec une texture et une matĂ©rialitĂ© riches il m’apparaĂźt qu’un feutre transparent remplirait totalement cette fonction.
Peut-on feutrer des fibres transparentes ? L’intissĂ© crĂ©e bien un voilage Ă  partir de fibres translucides !

Peut-on feutrer de la fibre de verre ?
Le matériau serait à la fois translucide et lumineux, transmetteur et émetteur tout en isolant du froid et du son.
Le nombre de ces matĂ©riaux Ă©mergents n’est probablement limitĂ© que par le potentiel combinatoire. Certains probablement, n’ont attendu pour accĂ©der Ă  l’existence, que l’on soit capable d’en Ă©noncer la nĂ©cessitĂ©.

Dildomatic Opera

Jeudi 25 janvier 2007

Players: Dorkbot, galerie Ars Longa, David Steinberg, Joëlle Bitton, artistes
Dilodomatic Opera

DĂ©couvrant les arcanes nostalgiques du “circuit bending” il m’apparaĂźt immĂ©diatement qu’ici la pulsion sadique se dĂ©tourne de son objet vĂ©ritable. La trituration contre nature de jeux d’enfant ; la tentative de convertir sons, notes et voix en bĂ©gaiements, hurlements, Ă©ructations, et autres borborygmes Ă©lectroniques me fait penser que cette acharnement compulsif ne s’adresse pas Ă  son vĂ©ritable destinataire.

J’ai eu l’occasion de dire que le rĂ©fĂ©rent absolu de l’interaction Ă©tait le dialogue dont les formes extrĂȘmes sont: faire l’amour et faire la guerre. Pour “interesser“ le Jeu, il faut incarner l’interaction.
L’art Ă©tant parfois une forme d’onanisme, narcissique et dĂ©sespĂ©rĂ©, je propose une performance qui place le corps au centre de la manipulation.

Sur scĂšne, une femme, ou un homme, nu, s’efforce avec l’enthousiasme que donne le plaisir extrĂȘme teintĂ© de dĂ©sespoir, de tirer le maximum d’un godemichet modifiĂ©. De l’objet jaillissent des cĂąbles qui suggĂšrent que la vibration qu’il produit est immĂ©diatement traduite en hauteur et intensitĂ© du son qui accompagne les gestes et la progression du sujet. La voix de ce dernier, hĂ©sitant entre la cantatrice proche de l’extase et le tĂ©nor touchant au but, se mĂȘle aux sonoritĂ©s instrumentales, puissantes et dĂ©routantes, du godemichet en action.

180°

Jeudi 25 janvier 2007

alenvers.jpg

Art Buzz, l’Art a posteriori

Mardi 23 janvier 2007

Deux phĂ©nomĂšnes expliquent que beaucoup de projets artistiques ont plus d’impact par ce qu’on en dit que parce ce qu’ils reprĂ©sentent en acte :
- La difficultĂ© de « mettre en Ɠuvre » des dispositifs complexes qui font appel Ă  des technologies non maĂźtrisĂ©es
- et la difficulté de faire appel à la contribution du public, encore moins contrÎlé.

Ceux qui parcourent le monde en quĂȘte de rĂ©vĂ©lations esthĂ©tiques savent que la rĂ©alitĂ© est amĂšre et apprĂ©cient que les mĂ©dias sachent en donner une image suffisamment flatteuse pour que le genre ne souffre pas trop de ses avortons conceptuels et autres erreurs de jeunesse.

Tirant parti de ces limites comme des bandes d’un billard sphĂ©rique de grandes dimensions, je propose un profil de carriĂšre d’artiste entiĂšrement fondĂ© sur l’Art a posteriori. A quoi bon produire de l’échec si la rĂ©ussite mĂ©diatique est possible Ă  l’énoncĂ© du projet, Ă  quoi bon produire, tout simplement, si le vrai travail de l’artiste est d’obtenir qu’on en parle quoiqu’on ait vu.
Les mĂ©dias actuels permettent cette acrobatie qui consiste Ă  alerter, mais un peu tard, d’évĂ©nements courant la planĂšte que personne ne verra jamais.
LĂ  commence le travail vĂ©ritable de spam ciblĂ©, de relais complaisants –un critique bienveillant qui dira combien c’est beau en totale mĂ©connaissance de cause- de dĂ©finition du projets possibles, de la cohĂ©rence du parcours, des rĂ©fĂ©rences invĂ©rifiables, des localisations improbables mais si crĂ©dibles que beaucoup jurerons en avoir Ă©tĂ©, de manifestations si larges qu’on pourrait en avoir manquĂ© des fragments qui sont maintenant ceux dont « on » parle. L’art serait-il une affaire de buzz ? AprĂšs le vaporware qui a gonflĂ© les startups de l’Internet, le VaporArt pourrait gonfler les catalogues de galeries et les bios d’artistes jusqu’au point oĂč une histoire parallĂšle de l’art s’écrirait sur la base de tĂ©moignages apocryphes. N’est-ce pas aussi faire Ɠuvre que de dĂ©peindre l’artiste qu’on aurait pu ĂȘtre, alors que le virtuel autorise un genre de fiction intermĂ©diaire dont l’artiste serait le mĂ©dium, entre la vie et le roman ? Finalement plus rĂ©el que la fiction, puisqu’il s’ancre dans la chair mĂȘme de l’auteur.

En faisant de l’Ɠuvre la fiction d’un artiste physiquement rĂ©el, le projet se distingue nĂ©anmoins de l’approche brillante de Paul Devautour et Yoon Ja dont la collection, faite d’Ɠuvres authentiques, intĂšgre la fiction de l’artiste comme composante structurelle.

RĂ©cupĂ©ration : Cloner l’abbĂ© Pierre

Lundi 22 janvier 2007

l'Abbé Pierre triant les bouteilles

L’abbĂ© Pierre vient de mourir Ă  94 ans.
Eu Ă©gard Ă  l’action et Ă  l’image du personnage, faut-il :
Le canoniser ?
Collectionner ses reliques ?
Le cloner ?

Cette derniĂšre hypothĂšse, en une pĂ©riode oĂč il devient tendance en politique que de s’élever en faveur des sans abris, paraissant la plus stimulante la question devient :

Cloner l’abbĂ© Pierre, serait-ce :
Une Ɠuvre d’art ?
Un geste politique ?
Une performance scientifique ?
Un tĂ©moignage d’affection ?

Projet : parce que plus rĂ©aliste, je propose d’empailler l’abbĂ© Pierre. La dĂ©pense sera raisonnable et par lĂ  mĂȘme, plus en accord avec ses convictions, et ça permettra Ă  tout ceux que son message Ă  laissĂ© indiffĂ©rents de venir se recueillir sur sa dĂ©pouille sans avoir Ă  l'entendre. Cependant, le dispositif, baptisĂ© alors gĂ©nĂ©rateur automatique de culpabilitĂ©, inclura un enregistrement qui restituera, en boucle, les grands moments de ses discours.

Blog For Ever (BLOFE)

Samedi 20 janvier 2007

BLOFE

Il y aurait, dit-on, un rapport direct entre la qualitĂ© de lâ€˜Ă©crit et la durabilitĂ© du support. Combien de messages partis sur le Net que l’on rĂȘverait n’avoir jamais envoyĂ©s? L’erreur provenant de la confusion en immĂ©diatetĂ© entre le web, le chat et le tĂ©lĂ©phone.

Le Blog est de cet ordre. Il partage avec la chose Ă©crite sur papier dans le quotidien le fait de ne s’adresser Ă  d’autres qu’ailleurs et aujourd’hui, contrairement au livre que la nature destine Ă  durer la satiĂ©tĂ© des vers. C’est probablement une erreur de penser que la vague de posts suivante viendra recouvrir la prĂ©cĂ©dente et il se pourrait qu’un jour lointain on exhibe des Ă©crits compromettants, produit dans l’instant, et sauvegardĂ©s par la pulsion mnĂ©monique maladive de collecteurs insatiables.

Il faut retrouver la conscience d’une pĂ©rennitĂ© masquĂ©e par l’immatĂ©rialitĂ© du support. Chaque mot doit ĂȘtre Ă©crit, mĂȘme au prĂ©sent, pour supporter l’épreuve du temps, la mutation des contextes et la dĂ©rives des interprĂ©tations (Barthes disait qu’il fallait « accepter les surprises du sens »).

Je propose donc d’écrire le premier blog gravĂ© sur marbre, puis scannĂ© pour la mise en ligne. La tĂ©lĂ©lithographie est nĂ©e.

Selon les contraintes locales ont peut imaginer de faire la mĂȘme chose en Ă©crivant Ă  la plume sur parchemin, voire sur papier, mais la pratique est dĂ©jĂ  courante.

One Minute of Attention, BA (Balanced Art)

Jeudi 18 janvier 2007

Player: Erwin Wurms’ solo exhibition at the MUMOK, Vienna, Austria

Erwin Wurm

If producing art is a kind of gift for the public, then the audience is giving back by dedicating a slice of time life “paying” attention to the resulting work.
In this cultural Potlatch, this exchange should definitely be balanced, otherwise the artist dominates the public.

1- I propose, in front of One Minute Sculptures by Erwin Wurm to give One Minute of Attention and stand quietly in front of each sculpture or photograph. One can use a timer to control visitors’ donation.

2- Another possibility is that in the case of Erwin Wurm, the shift in rules is considering that the less you do the stronger you are. Then, the public can avoid artist’s domination by passing by the work as fast as possible without any noticeable precipitation.

W.T.City

Mercredi 17 janvier 2007

Video Game

Player: Thomas Lorenz, Technical University Vienna Austria

W.T.City
Reflecting Absence, winner project, Michael Arad and Peter Walker

5201 architects made a proposal for the World Trade Center call.
The WTC has been a reference for so many major cities trying to tell the World how big and important they are that all architects thought that to be the one designing the resurrection would be a good way to find a place on the Gotha of the symbols’ builders.
The idea here is to create a virtual city that would be made of these 5 200 projects for the WTC resurrection. Wolrd Trade City made only of World Trade Center. The excellence of trading, in the excellence of cities at the very center of the World.

It would be the perfect place for a video game, as if the WTC was the Building with capital “B” in the City with capital “C” in the Country with capital “C”, then W.T. City should be the “W.T.” of the capital City.

What about a City that would gather all the attempt of perfection, of grandeur, of permanence?
Like all video games everybody will try to compete and win.
Different levels :
Cars race between the buildings, (police and gangsters?)
Helicopters race,
Planes race? Slaloming between the buildings trying to find short cuts.

The game play can probably be improved


Spin City

Samedi 13 janvier 2007

Robotic, cars, light ball and cotton yarn
Spin City
Cars are built to move avoiding each other trying to draw circles on the floor. One turns clockwise, the next one counter-clockwise. In the middle of the room: a ball of light. The bobbins can be on top of the cars or fixed to the ceiling. At the end, the cars are stuck one to each other, and part of the light is hidden by the wires.

OzOne Zero, the magic numbers

Jeudi 11 janvier 2007

Si la montĂ©e du numĂ©rique dans l’ensemble des champs de la conscience et de l’action, comme un artefact sublimĂ© de l’humanitĂ© bourgeonnante, une excroissance qui redĂ©finirait la croissance, une purulence qui pullulerait d’euphorie contaminant Ă  loisir ce qu’elle touche, ou ce qui l’approche ; alors nous pouvons parler de pollution endogĂšne. Elle nait de l’excĂšs d’ĂȘtre, de la pulsion rationalisante, atomisante, taxinomique, qui nous pousse Ă  rechercher en toute chose le plus petit dĂ©nominateur commun, mĂȘme s’il est deux, fait de tout et rien, de l’un et du zĂ©ro.
Cette pollution mĂ©diatique, qu’un Mac Luhanien orthodoxe qualifierait de chaude en Fahrenheit et de froide en Celsius, augmente pour beaucoup le trou d’ozone de la conscience. La capacitĂ© de notre atmosphĂšre, de notre Ă©cosystĂšme culturel de filtrer le rayonnement cosmique – rien Ă  voir avec la divination ni avec la divinitĂ© ni avec le les comiques dont l’ « s » aurait ripĂ© – en fait un rayonnement de l’affect et de la faille qui, rĂ©duisant le filtrage qui permet Ă  l’art d’ĂȘtre Ă©pargnĂ© par l’effet de rĂ©el, rend possible la surexposition aux vĂ©ritĂ©s extrahumaines dont on est supposĂ© se prĂ©server :

Qu’est ce qui serait plus parfait qu’un univers sans humain?
Qu’est-ce qui serait plus vrai qu’un monde sans conscience ?
Qu’est-ce qui serait plus inoubliable que l’oubli total et dĂ©finitif du passage accidentel et anecdotique de l’humanitĂ© sur un caillou perdu dans l’espace ?
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