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	<title>Open Dump</title>
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	<description>Maybe the right place for all art projects</description>
	<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 02:58:33 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
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		<title>Hole in Memory</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Sep 2008 11:57:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>Non classé</category>
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		<description><![CDATA[Players: Libération, Maria-Grazia Mattei, Triennale de Milan

Le site de Liberation, image de l’installation Telectroscope de Paul St Georges
Un article 28 mai 2008 du quotidien Libération titrait « Un Tunnel sous l&#8217;Atlantique », une œuvre spectaculaire qui permettait aux citoyens Londoniens de communiquer avec leurs homologues américains. L’article était ainsi libellé :
« Un tunnel sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> Players: Libération, Maria-Grazia Mattei, Triennale de Milan</p><p><img id="image354" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/libetunnels.jpg" alt="Telectroscope" />
<em>Le site de Liberation, image de l’installation </em>Telectroscope<em> de Paul St Georges</em></p><p>Un article 28 mai 2008 du quotidien Libération titrait « Un Tunnel sous l&#8217;Atlantique », une œuvre spectaculaire qui permettait aux citoyens Londoniens de communiquer avec leurs homologues américains. L’article était ainsi libellé :
« Un tunnel sous l’Atlantique
Un tunnel entre New York et Londres, qui «permet aux gens de se voir à travers la Terre, de manière miraculeuse», selon l’artiste anglais Paul St George, auteur de cette installation vidéo…»</p><p>Mon premier réflexe fut d&#8217;envoyer à la rédaction de Libération la copie de l&#8217;article qu&#8217;ils publiaient le 24 septembre 1995 « Paris-Montréal : le Tunnel assure la liaison permanente » qui présentait « <em>Le Tunnel sous l’Atlantique</em>, un « événement télévirtuel » conçu par l’artiste français Maurice Benayoun ».</p><p><img id="image353" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/parismontreals.jpg" alt="Tunnel under the Atlantic Liberation" />
<em>Article de Libération du 24 septembre 1995, de Miriam Rosen sur</em> le Tunnel Sous l’Atlantique<em> de M.B.</em></p><p>Cet envoi était un geste d&#8217;humeur qui ne révélait en aucun cas la vraie nature de l&#8217;événement. Si l&#8217;inculture dans le champ de la création faisant appel aux nouveaux médias est grande, et que les pièces historiques sont souvent mal connues des commentateurs c’est principalement en raison de leur diffusion souvent ponctuelle et de la difficulté de reconstituer les pièces du fait de l&#8217;obsolescence des technologies mises en œuvre. Hors cette obsolescence est directement liée à l&#8217;émergence de ces mêmes technologies qui dans des phases pré-matures sont loin d&#8217;atteindre le niveau de standardisation suffisant pour en garantir la pérennité. Bien entendu, l&#8217;installation de Londres n&#8217;a rien à voir dans son concept et sa mise en œuvre avec le Tunnel sous l&#8217;Atlantique de 95 qui ne se limitait pas à une expérience de télé-vision urbaine, en revanche de façon plus commerciale, elle reprend presque littéralement <em>Hole in Space</em> (1980) qu’Alex Galloway et Sherrie Rabinovitz avaient réalisé entre New York et Los Angeles. <em>Hole in Space</em> (« Trou dans l’espace », permettait aux piétons des deux villes de se rencontrer à travers une vitrine de magasin. La visioconférence incrustée dans l&#8217;espace urbain avait ici une pertinence d&#8217;autant plus grande qu&#8217;elle conduisait les visiteurs à s&#8217;interroger sur la localisation des  interlocuteurs et la perturbation de la logique de l&#8217;espace. Si, bien qu’enseignant en école d’Art, Paul St Georges semble ignorer ces deux installations si semblables, sinon dans l’intention, du moins dans le commentaire qu’en font les médias, c’est qu’il ne les a probablement pas vues.</p><p><img id="image352" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/tunneundertheatlanticl1995s.jpg" alt="Tunnel under the Atlantic " />
<em>Le </em>Tunnel Sous l’Atlantique<em> de M.B. au centre Pompidou en septembre 1995</em></p><p>Si l’histoire de l’art nous permet d’appréhender les œuvres-images à distance (temporelle et spatiale) grâce à leur représentation imprimée, il en va différemment des dispositifs qui supposent une certaine forme d’interaction, même si la vidéo aide parfois à en deviner la portée. Il est aussi difficile d’en rendre compte par écrit que d’en donner, en catalogue une représentation acceptable. Maintenant que ces technologies plus largement rependues permettent aisément de restituer l’œuvre originale, il est temps de constituer les collections qui permettront de découvrir les formes dynamiques de création et ainsi de construire la mémoire du <em>media art</em> comme on a pu se forger une culture des pratiques l’ont précédé. Une mission toute trouvée pour <a href="http://the-dump.net/?p=307">Le musée du XXIème siècle</a> précédemment <em>dumpé</em>.
</p><!--c8bdf5dfbbdb3a63b34f9c9aa057d2fc-->]]></content:encoded>
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		<title>Recycled Art</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Sep 2008 05:26:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>Non classé</category>
	<category>urban art</category>
	<category>interactive image</category>
	<category>recycling</category>
	<category>Business Model</category>
	<category>done</category>
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		<description><![CDATA[  
Cosmopolis est probablement une des plus grandes installations interactives jamais réalisées (2005). Ce dispositif de 25m de diamètre sur le développement urbain à fait le tour de Chine et a atteint jusqu’à 10 700 visiteurs par jours à Shanghai. Devant l’opportunité de présenter cette pièce de taille au Grand Palais, à Paris, je demandais [...] ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <img id="image350" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/cosmotestvillacoublay0546cuts.jpg" alt="Cosmopolis à Villacoublay" /></p>
<p><a href="http://www.moben.net/projet.php?id=31"><em>Cosmopolis</em></a> est probablement une des plus grandes installations interactives jamais réalisées (2005). Ce dispositif de 25m de diamètre sur le développement urbain à fait le tour de Chine et a atteint jusqu’à 10 700 visiteurs par jours à Shanghai. Devant l’opportunité de présenter cette pièce de taille au Grand Palais, à Paris, je demandais à l‘entreprise qui la stockait d’évaluer la difficulté de la réinstaller. Il me fallut deux mois pour obtenir une réponse : <em>Cosmopolis</em> était parti à la décharge !<br />
<a id="more-224"></a>
Les douze télescopes de réalité virtuelle conçus et construit pour cette installation ainsi que l’ensemble de la structure incluant ses douze écrans de 4 x 3 m se sont retrouvés naturellement &#8220;dumpés&#8221;. Bien entendu l’électronique, les écrans plasma et les PC ont été soigneusement récupérés. Je suppose, et les auteurs de cet acte courageux et symbolique ne se sont pas étendus sur le sujet, qu’il s’agissait de matière encombrante qui ne pouvait que freiner le retour des choses à la vie, autrement dit des équipements à une activité plus lucrative. Passablement agacé par l’épisode je dû me rendre à l’évidence, seuls les chinois auront contribué à construire un paysage urbain dynamique, mixant 12 villes de la planète par le simple exercice du regard. Seuls les habitants de ChongQing, Chengdu, Pekin et Shanghai ont pu laisser la trace mémorielle de leurs déambulations scopiques sur la « mémoire rétinienne collective » dont il me reste pour tout viatique quelques instantanés<br />
Je ne pensais pas que la fréquentation régulière de la décharge à concepts entrainerait vers la décharge les projets réalisés, qui plus est de grande envergure.<br />
<a id="more-351"></a><br />
Cela conduit à une relativisation de la chose artistique, qui porte à penser qu’il en est des œuvres de l’esprit comme des individus, lorsque l’on sépare l’esprit de du corps, quand on les « désactive » pour les pièces interactives, elles redeviennent une masse de matière inerte et donc sans valeur, ni marchande ni spirituelle.<br />
L’équivalent en peinture reviendrait à récupérer la toile de lin en la débarrassant de toute cette matière encombrante et racornie qui lui confère une rigidité déplacée.</p>
<p>Je propose donc que dans l’évaluation de l’art on associe toujours à la valeur marchande de la pièce (VM), sa valeur résiduelle (VR), celle qui résulte du recyclage de ses composants. On considèrera que sur le plan financier, la valeur artistique d’une œuvre est la différence des deux montants VA = VM – VR. Je me souviens alors d’une discussion avec Judith Benhamou-Huet, éminente spécialiste du marché de l’art, qui m’expliquait qu’il arrive même que la VA soit négative. C’est à dire que la valeur marchande de l’œuvre soit inférieure à sa valeur résiduelle, si par exemple le transport à la décharge du matériau résultant avait un coût supérieur à sa valeur de reprise. Si les <em>transports à la décharge</em> sont au cœur de mes préoccupations, il est probable que je tente dorénavant de maintenir la VA dans le positif, et ceci afin de rester en bons termes avec mon banquier et ma conscience.
</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La sirène du métro</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Sep 2008 19:35:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>critical fusion</category>
	<category>live performance</category>
	<category>change the world</category>
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		<description><![CDATA[  
Les statistiques montrent que les français, quelque soit leur situation, anticipent la possibilité de se trouver un jour sans logis et sans moyens. Dans ce contexte, chacun se demande ce que serait sa position, comment survivre, comment exprimer son besoin sans perdre la face, comment jouer le jeu à pile ou face quand c’est [...] ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <img id="image348" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/sirens.jpg" alt="Siren" /></p>
<p>Les statistiques montrent que les français, quelque soit leur situation, anticipent la possibilité de se trouver un jour sans logis et sans moyens. Dans ce contexte, chacun se demande ce que serait sa position, comment survivre, comment exprimer son besoin sans perdre la face, comment jouer le jeu à pile ou face quand c’est de survivre au quotidien qu’il s’agit ?<br />
Le métro est la scène où s’exprime le plus clairement la situation de crise : la non appartenance aux deux extrêmes du voyage: le boulot, le dodo. Il est impressionnant de voir ce que certains décident de produire pour crier l’incapacité à quitter cet entre-deux qui devient à leur corps défendant le boulot/dodo de transit.<br />
Produire de la musique, du spectacle, rendre acceptable aux autres ce moment nécessaire de passage. Les passants passent et le quémandeur reste.<br />
<a id="more-222"></a><a id="more-349"></a><br />
Le projet consiste à se demander si les pratiques lénifiantes qui annulent par le spectacle le sentiment latent de culpabilité pour faciliter le geste salvateur qui consiste à mettre la main à la poche, non parce que l’on se sent coupable mais parce que l’on remercie l’autre d’atténuer sa peine, la notre, par quelques notes, ou en signifiant haut et fort, que dans la misère humaine il est possible de toucher d’autres fonds, que l’on pourrait abonder à moindre frais. </p>
<p>Et si le cri était plus clair, si l’accordéon, le violon ou l’ampli faisait place à la sirène, l’alarme, qui n’aurait d’autre message que de dire l’urgence, est-ce qu’alors le geste salvateur s’exprimerait de la même manière, sans faux semblant, sans faux échange et sans culpabilité ?<br />
Dans le couloir du métro, l’attente du geste salutaire n’a d’autre accompagnement sonore que la sirène lancinante, qui dit l’urgence, que le gyrophare confirme, inlassablement.
</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Spotters</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Sep 2008 09:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>urban art</category>
	<category>critical fusion</category>
	<category>Augmented Reality</category>
	<category>spotters</category>
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		<description><![CDATA[  
Le spotting, qui constitue une activité à la motivation mystérieuse, réuni aussi bien ceux qui comptabilisent les passages de trains ou les décollages d’avion, que ceux qui, engageant des programmes d’envergure planétaire, tentent d’identifier des signes d’intelligence extraterrestre dans les signaux en provenance de l’espace (SETI). Traquer dans la récurrence ou dans les infimes [...] ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <img id="image346" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/spotterss.jpg" alt="Spotters" /></p>
<p>Le <em>spotting</em>, qui constitue une activité à la motivation mystérieuse, réuni aussi bien ceux qui comptabilisent les passages de trains ou les décollages d’avion, que ceux qui, engageant des programmes d’envergure planétaire, tentent d’identifier des signes d’intelligence extraterrestre dans les signaux en provenance de l’espace (SETI). Traquer dans la récurrence ou dans les infimes variations des signes du quotidien ou de l’espace ce qui nous permettrait de mieux comprendre le monde, l’univers ou la logique de la SNCF relève d’une obstination qui ne cesse de nous émerveiller.<br />
Que l’objectif soit de découvrir une explication, la confirmation d’un doute ou d’une certitude, ou l’évidence d’un complot, il y a dans la compulsion &#8220;spottique&#8221; quelque chose qui relève du questionnement métaphysique. La série des Spotters, inspirée du projet <a href="http://www.the-dump.net/?p=343"><em>Red Light Spotters</em></a>, vise à généraliser le principe d’Observation Systématique Obstinée (OSO, – – – ∙ ∙ ∙ – – –) appliqué au monde construit par l’homme, en le couplant à la tentative, désespérée, de traduire l’information résultante sous forme de son, de lumière, de vibration… susceptibles d’apporter des éléments d’intelligibilité dans la masse des artefacts et des comportements humains.
</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Red Light Spotters</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Sep 2008 19:45:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>interactive installation</category>
	<category>urban art</category>
	<category>sound and music</category>
	<category>spotters</category>
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		<description><![CDATA[  
Players: Philippe Codognet, Sir Alice
Visiting the Mori Tower in Tokyo with Philippe Codognet, the evidence of red lights blinking at night came to my mind as the stubborn will of the City to say something to any open intelligence. I was facing this absurd but recursive artist&#8217;s mission : try to make the world [...] ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <img id="image342" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/redlights.jpg" alt="Red Light Spotters" /><br />
Players: Philippe Codognet, Sir Alice</p>
<p>Visiting the Mori Tower in Tokyo (summer 2005) with Philippe Codognet, the evidence of red lights blinking at night came to my mind as the stubborn will of the City to say something to any open intelligence. I was facing this absurd but recursive artist&#8217;s mission : try to make the world understandable, even if it is definitely obscure to you.<br />
If you fail : make the failure visible enough to make the evidence of the this aporia talking out loud.</p>
<p>That was the resulting project:<br />
Cities are emitting obscure messages that cannot easily been deciphered: sounds, lights, smells…<br />
Through thousands of red lights blinking in the night, Tokyo city is whispering.<br />
This obsessing blinking should be translatable. The apparent synchronicity cannot be only a randomised process. The absence of synchronicity can also be interpreted as an obscure language.<br />
Is the city trying to say something?<br />
Are invisible entities communicating in front of us and we don’t even know what, why and how?<br />
Would it be a kind of hidden speech that would remain secret because it is so obvious?<br />
Whatever the interpretation we try to put on these signs, one cannot stay without trying to understand what’s going on around us.<br />
In this obsessive compulsion of interpretation, people can spend hours watching without understanding and this impossibility to understand is balanced by the fascination for this almost hypnotic phenomenon.
</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Spermission</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Sep 2008 07:14:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>artist's career</category>
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		<description><![CDATA[  25 février 2007 (oubli réparé)
Players: Marcel Duchamp, Nicolas Bourriaud, Beaux Arts Magazine
Paysage Fautif
1946, sperme sur satin
Précurseur s&#8217;il en fut, Marcel Duchamp a aussi été un des tout-premiers à produire du bio art. Son Paysage fautif, l&#8217;est à plus d&#8217;un titre, figurant, à son corps consentant, la carte d&#8217;un pays pas sage, témoignage indéniable du [...] ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img id="image344" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/paysage_fautif_details.jpg" alt="Paysage fautif, Marcel Duchamp, 1946" />

<p> <em>25 février 2007 (oubli réparé)</em><br />
Players: Marcel Duchamp, Nicolas Bourriaud, <em>Beaux Arts Magazine</em></p>
<p>Paysage Fautif<br />
1946, sperme sur satin</p>
<p>Précurseur s&#8217;il en fut, Marcel Duchamp a aussi été un des tout-premiers à produire du bio art. Son Paysage fautif, l&#8217;est à plus d&#8217;un titre, figurant, à son corps consentant, la carte d&#8217;un pays pas sage, témoignage indéniable du processus de création interrompu, sperme sur satin détourné de sa destination première. </p>
<p>Deux lectures possibles du &#8220;processus de production&#8221;: </p>
<p>Soit ce paysage spermatique correspond à une &#8220;pollution nocturne&#8221; sévèrement condamnée dans les pensionnats de la fin du 19ème et début du 20ème siècle;<br />
Soit il est le témoignage fortuit de la volonté d&#8217;émettre hors du sujet pour ne garder de l&#8217;acte que le plaisir, probablement supérieur dans des draps de satin.<br />
<a id="more-213"></a><a id="more-338"></a><br />
Dans les deux cas le plaisir joue un rôle déterminant traduisant une recherche permanente chez Duchamp. Dilettante affirmé qui délaisse l&#8217;art de métier pour une pratique apparemment libérée des normes et des contraintes, pour enfin jouir du plaisir du renouvellement permanent. Plaisir intellectuel de constructions sophistiquées dans lesquelles le coup d&#8217;échec jamais n&#8217;abolit le hasard du verbe et le plaisir de la chair offerte qui n&#8217;a pas de prix. Il est d&#8217;autant plus surprenant de constater que les suiveurs/suivistes n&#8217;ont pas retenu du maître cette leçon de choses. Dans le milieu autorisé en effet, plus le propos est docte plus le visage fermé, comme si le code en vigueur cherchait le sérieux de l&#8217;intention dans l&#8217;humour et le plaisir de l&#8217;acte. Celui-ci déculpabilisé par sa remise dans le droit chemin d&#8217;une fécondité sinon souhaitée, du moins acceptable.<br />
De l&#8217;autre côté de la planète la lecture est toute autre sur la base des mêmes indices: En 2005, une exposition Duchamp à Tokyo arrachait au commentateur nippon une réflexion agacée sur les délires sans intérêt d&#8217;un obsédé sexuel pathétique, rayant d&#8217;une phrase la légitimité d&#8217;une lignée fécondée sur le satin, certes un peu sec, maintenant.</p>
<p>Dans sa trivialité outrée, le geste n&#8217;en est pas moins remarquable. Il n&#8217;est pas innocent non plus que ce message soit présenté comme un tableau (paysage envoyé à sa maîtresse). Ce n&#8217;est pas une lettre parfumée. L&#8217;émission de Marcel pour sa belle se présente comme une création. La production de l&#8217;artiste qui se refuse de l&#8217;être devient littérale: Le sperme de Duchamp et la merde de Manzoni, le projet et le déjet. D&#8217;un côté la promesse définitivement non réalisée, ou plutôt l&#8217;affirmation peut être dérisoire de la supériorité de l&#8217;artiste sur la nature, qui crée, le monde (le paysage) comme représentation, en refusant de créer à son image. Peut-être plus que <em>Fontaine</em>, réceptacle standard industriel élevé au rang d&#8217;œuvre d&#8217;art, l&#8217;émission jouissive constitue un manifeste du <em>ready selfmade</em> génétiquement vrai, abstraction lubrique codée dans la masse, fusion du medium et du message qui replace l&#8217;artiste à l&#8217;origine absolue de l&#8217;œuvre, à la fois magistrale et dérisoire.</p>
<p>Le projet :<br />
L&#8217;alchimie duchampienne et l&#8217;alchimie manzonienne sont diamétralement opposées : la réduction du sperme en amour et la mutation de la merde en or supposent un rapport différent au destinataire, à l&#8217;instance de validation, au stock exchange des valeurs symboliques convertibles en plaisir ou en dollars. Duchamp fait partie de ces artistes qui ont choisi de fréquenter le monde de l&#8217;art comme activité alimentaire pour mieux par ailleurs, et à compte d&#8217;auteur, donner de sa personne à vide.</p>
<p>Le projet donc est un <em>projet de carrière d&#8217;artiste</em> fondé sur le relevé systématique de ses émissions, tout ce qui émane de son corps soigneusement recueilli et répertorié,  et non stocké mais envoyé aux instances appropriées: la galerie, la banque, le partenaire amoureux, la famille, l&#8217;armée, le laboratoire, le gouvernement. Le revenu s&#8217;il y a lieu de la distribution servira à continuer d&#8217;alimenter le corps en fluides, solides et stimulations de tous ordres.<br />
Une version extrême consisterait pour l&#8217;artiste à être alité, de multiples perfusions et cathéters alimentant et prélevant sans discontinuer ce que le corps absorbe et ce qu&#8217;il produit. Le corps devient alors l&#8217;alambic, à l&#8217;image simplifiée que proposent Vaucanson ou Wim Delvoye, de l&#8217;alchimie artistique qui réduit l&#8217;art à l&#8217;exercice de ses fonctions organiques, l&#8217;expression la plus rigoureuse de son individualité, et sa pratique connectée au corps social comme ultime processus de survie.
</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’école du Ready Made</title>
		<link>http://www.opendump.org/?p=214</link>
		<comments>http://www.opendump.org/?p=214#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 19 Sep 2008 07:08:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>note</category>
	<category>ready made</category>
	<category>artist's career</category>
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		<description><![CDATA[  25 février 2007 (oubli réparé)
Player: Bernard Marcadé, Marcel Duchamp
Duchamp aurait dit : &#8220;je n&#8217;ai jamais eu envie de faire une école du Ready Made&#8221;
Duchamp se préoccupait si peu de sa postérité, du moins le pense-t-on, qu&#8217;il faudrait prendre en compte le désir caché du maître qui refuse officiellement de faire école.
Le message pourrait être: [...] ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img id="image345" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/fontainecuts.jpg" alt="FontaineDuchampsInseculaCom" />
Marcel Duchamp, Fontaine, 1917, ©insecula.com

<p> <em>25 février 2007 (oubli réparé)<br />
Player: Bernard Marcadé, Marcel Duchamp</em></p>
<p>Duchamp aurait dit : &#8220;je n&#8217;ai jamais eu envie de faire une école du <em>Ready Made</em>&#8221;<br />
Duchamp se préoccupait si peu de sa postérité, du moins le pense-t-on, qu&#8217;il faudrait prendre en compte le désir caché du maître qui refuse officiellement de faire école.<br />
Le message pourrait être: &#8220;je ne veux pas (ne peux pas) le faire moi-même&#8221;. Le message dit peut être aussi que l&#8217;école, base historique de l&#8217;académisme, ne naît pas traditionnellement de l&#8217;enseignement du maître, mais de sa consécration comme modèle par ceux qui ne l&#8217;on pas compris.<br />
Prenons-le à la lettre: qu&#8217;est-ce qu&#8217;enseigner le <em>ready made</em>?<br />
<a id="more-214"></a><a id="more-337"></a><br />
L&#8217;art de reproduire (le geste de Duchamp), l&#8217;acte de désigner (l&#8217;adoubement de l&#8217;objet par son artiste même), l&#8217;acte de neutraliser, nier la différence entre artistes, affirmant la valeur esthétique de l&#8217;objet industriel, neutraliser la touche du maître cantonnée à la signature. Quoi qu&#8217;il en soit, l&#8217;école du Ready Made ne pourrait être une école de l&#8217;humour, car soit l&#8217;humour du geste, né de la lassitude et du constat affligeant d&#8217;un monde de l&#8217;art expression permanente d&#8217;une forme aiguë de conformisme: ce qu&#8217;on appelle la loi du marché, mais c&#8217;est LA Loi (<em>market lex, sed lex</em>), soit cet humour n&#8217;a pas été perçu soit il n&#8217;est acceptable que dans sa forme diluée.<br />
Le projet, bien à sa place dans le <em>Dump</em> (catégorie <em>ANMA, Already Not Made Art</em>):<br />
Créer une école pour produire industriellement des artistes produisant des actes singuliers. Standardiser la production de la différence. En faire une image de marque calibrée jusqu&#8217;à sa forme extrême, la plus fine en termes de calibration, où la différence dans l&#8217;œuvre est tellement ténue qu&#8217;elle lui est extérieure: désignation ou contextualisation, le doigt et le cadre, au point qu&#8217;on puisse en oublier l&#8217;objet.
</p>
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		<title>Emotional Dripping (OVNI)</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 07:59:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>interactive installation</category>
	<category>sound and music</category>
	<category>not sure</category>
	<category>motto</category>
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		<description><![CDATA[  
Players : Anne Dreyfus, Delphine Fabbri-Lawson
Still Moving, sculpture dynamique géante de la série de la Mécanique des émotions, sera présentée devant l’entrée principale du Grand Palais à Paris avant d’être exposée au Générateur.
Nous évoquons la difficulté à communiquer sur les pièces complexes -dans leur logique plus que dans leur fréquentation. Comment soutenir les médiateurs [...] ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <img id="image335" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/e-drippings.jpg" alt="Emotional Dripping" /><br />
Players : Anne Dreyfus, Delphine Fabbri-Lawson</p>
<p><em><a href="http://www.moben.net/projet.php?id=92&#038;lang=fr">Still Moving</a></em>, sculpture dynamique géante de la série de <em><a href="http://www.moben.net/projet.php?id=27">la Mécanique des émotions</a></em>, sera présentée devant l’entrée principale du Grand Palais à Paris avant d’être exposée au <a href="http://www.legenerateur.com/">Générateur</a>.<br />
Nous évoquons la difficulté à communiquer sur les pièces complexes -dans leur logique plus que dans leur fréquentation. Comment soutenir les médiateurs culturels en leur proposant des formules simples pour communiquer sur un objet de 3,5m de diamètre qui peut évoquer, dans sa forme finale, une soucoupe volante molle, et dont le propos est lié aux émotions de la planète? D&#8217;autant pus quand la chose produit une musique faite d&#8217;infrasons vibrant entre 5Hz et 20Hz que l&#8217;on ne peut entendre que par le contact direct avec le corps.</p>
<p>Une proposition de sous-titre qu’il paraît difficile d’utiliser sans modifier sensiblement la perception de l’objet :</p>
<p>OVNI : OBJET VIBRANT NON INTRUSIF<br />
De la série des <em>Emotional Drippings</em></p>
<p>Un projet qui trouve plus facilement sa place dans le <em>Dump</em> que dans la communication grand public.
</p>
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		<title>La Station bleue</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Sep 2008 23:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>light</category>
	<category>architecture</category>
	<category>curating</category>
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		<description><![CDATA[  
Paris, métro ligne 1. La station Franklin Roosevelt est en travaux sous les Champs Élysées. Considérée par beaucoup, lors de sa rénovation dans les années cinquante, comme la plus belle station du monde, elle était avec le temps devenue le témoignage le plus authentique de la capacité de la modernité à atteindre la désuétude [...] ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <img id="image333" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/franklinroosevelts.jpg" alt="Franklin Roosevelt" /></p>
<p>Paris, métro ligne 1. La station <em>Franklin Roosevelt</em> est en travaux sous les Champs Élysées. Considérée par beaucoup, lors de sa rénovation dans les années cinquante, comme la plus belle station du monde, elle était avec le temps devenue le témoignage le plus authentique de la capacité de la modernité à atteindre la désuétude la plus accomplie.</p>
<p>En 1999, avec Jean Nouvel, nous avions gagné le concours architectural pour sa renaissance. A l’époque nous avons conçu <em>la Station Bleue</em>. La station entière transformée en un monochrome IKB. Tout était bleu, y compris le carrelage « métro », le sol, le mobilier mais aussi la lumière éclairant la voie, le cœur mal-aimé des stations.<br />
<a id="more-216"></a><!--more--><a id="more-334"></a><br />
Le projet opérait une double alchimie :<br />
Il donnait la vie à la station convertissant - dans l’esprit de ce que j’appelais ensuite le <em>design comportemental</em> - un lieu de vie statique dans son architecture en entité vivante animée par sa fonction. Tout, dans le son, l’image et la lumière, donnait à vivre le temps réduit de notre présence comme un moment rare. En refusant de chercher à s’effacer devant l’usager, défiant ainsi la lassitude née de l’inexorable répétition des fonctions quotidiennes, le projet magnifiait ces dernières. Attente, arrivée, départ… En image, en lumière ou en son le volume animé de la station reprenait vie à chaque apparition de la rame.</p>
<p>Une autre mutation inattendue : la station devenait un lieu de culture avec ses commissaires, désignés annuellement par un comité éditorial, qui invitaient les artistes à orienter la manière d’être de la station, la symbolique des rames, les irruptions synchrones de l’image qui leur léchait les flancs sur toute la longueur des quais.</p>
<p>On nous avait bien dit que supprimer l’affichage publicitaire et surtout (!) la boutique de vêtements Pekka qui occupait petitement le centre du quai pourrait poser un problème pour l’équilibre économique au projet. On nous disait aussi que ces espaces publics, dédiés à l’attente et au transit, sont en quête d’une nouvelle légitimité qui sublimerait leur fonction initiale. Pour mémoire : Le métro symbolisait dans l’imaginaire des années 60 le commencement du cycle de l’aliénation (métro-boulot-dodo). Aujourd’hui, la consommation en sous sol du prêt à porter bas de gamme légitimerait, au denier prés, la tectonique des strates sociales laissant le luxe se déployer allègrement à l’air libre.</p>
<p>L’histoire voulut que ce concept qui fête bientôt ses dix ans ne voie pas le jour. C’est ce qui me donne l’opportunité de livrer un projet, utopique par construction, à<em> la Décharge</em> qu’il n’aurait jamais su quitter.
</p>
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		<title>FUSION CRITIQUE (handle with care)</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Sep 2008 22:48:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>moben</dc:creator>
		
	<category>critical fusion</category>
	<category>theorie</category>
	<category>writing</category>
	<category>change the world</category>
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		<description><![CDATA[  
Confronté à la difficulté de nommer une évolution significative des pratiques dans lesquelles mon travail s’inscrit, j’ai compris qu’il faudrait que j’explicite le concept métaphorique auquel je suis parvenu : La Fusion Critique.
Pour que ce concept soit compris, il n’y a d’autre solution que d’en rédiger le manifeste ou plutôt d’en manifester la rédaction. [...] ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> <img id="image331" src="http://www.the-dump.net/wp-content/uploads/criticalfusions.jpg" alt="Cirtical Fusion" /></p>
<p>Confronté à la difficulté de nommer une évolution significative des pratiques dans lesquelles mon travail s’inscrit, j’ai compris qu’il faudrait que j’explicite le concept métaphorique auquel je suis parvenu : La <em>Fusion Critique</em>.</p>
<p>Pour que ce concept soit compris, il n’y a d’autre solution que d’en rédiger le manifeste ou plutôt d’en manifester la rédaction. Or s’il est un terrain où la réalisation m’est difficile, c’est celui qui fait passer l’écrit avant l’acte, quelque laconique que soit le premier et quelque fugace que puisse être le second. Il faut donc que je me résigne à soumettre au <em>Dump</em> ce projet d’ouvrage théorique qui ne m’en paraît pas moins essentiel.<br />
<a id="more-217"></a><a id="more-332"></a><br />
Le point de départ de la réflexion venait de la difficulté que j’éprouvais à  définir le point de rencontre entre mon travail sur l’<em>immersion</em>, rendue possible par la réalité virtuelle, et mon intérêt pour agir sur le monde réel, l’espace physique et le social. La frontière commune entre ces deux pratiques n’avait bien entendu rien à voir avec la technologie qui semblait les séparer mais probablement plus avec le concept de <em>situation</em> que les deux mettent en œuvre.<br />
Quand ils ne se satisfont pas de la simulation, les environnements virtuels rendent possible la mise en situation symbolique (<em>World Skin, le Tunnel sous l‘Atlantique, Crossing Talks, les Grandes Questions</em>…). Dans les années 80, la vidéo me permettait de mettre mes interlocuteurs (B. Lavier, J.-M.  Alberola, J. Le Gac, Takis, B. Woodrow, M. Raysse, J.-L. Vilmouth etc.) en des situations qui créaient la même incertitude, la même indétermination relative que  les mondes virtuels sur le devenir scénaristique du résultat. Plus tard, c’est curieusement la réalité virtuelle qui a réveillé en moi le désir de réactiver cette capacité qu’a le monde réel de révéler ses limites à l’occasion de la rencontre non fortuite avec un catalyseur symbolique.<br />
Le virtuel n’existe que par la définition des règles qui le régissent. Les fictions se multiplient qui substituent au scénario pré-écrit, vestiges adulés d’un déterminisme historique, un ensemble de règles regroupées dans &#8220;la Bible&#8221; (c’est bien ainsi que l’on nomme en animation, l’ensemble des règles graphiques, comportementales et scénaristiques, qui donnent au film ou à la série d’animation sa cohérence).</p>
<p>Les <em>reality shows</em> sont de cet ordre qui lâchent les volontaires motivés tels des souris de laboratoire dans des univers précontraints. Je nomme FUSION l’introduction de la fiction dans la matière même du réel. L’immersion permet l’irruption du spectateur/réel dans la fiction, la fusion inverse le processus en introduisant la fiction dans la réalité. La <em>téléréalité</em> relève de la fusion. On comprend aussi que les titres tournoyant en 3D de CNN annonçant les derniers épisodes de la guerre du Golfe contribuaient à créer la confusion dans ce mixage souvent discutable entre les deux registres de la fiction et de l’information. La <em>société du spectacle</em> commence probablement là où notre capacité de discernement se trouve prise en défaut. Pourtant les indices nous portent à croire que l’acculturation empirique des habitants de la planète informationnelle leur permet d’imaginer, à la première vision, que les images d’avions s’écrasant sur les tours du World Trade Center sont probablement extraites du dernier film d’action hollywoodien. Il est probablement bon signe que nous activions naturellement notre incrédulité là où les générations précédentes auraient, en complices consommés du spectacle triomphant, appliqué la nécessaire mais vulnérable &#8220;suspension of disbelief&#8221;. Il est tout aussi rassurant que nous puissions ensuite nous rendre à l’évidence : au-delà de l’enjeu et des conséquences humaines et historiques, le 11 septembre marque le climax d’un phénomène dont il faudra prendre la mesure: la possibilité généralisée d’une écriture symbolique dans la matière même du monde. Que le point d’appui soit des tours jumelles et le levier la puissance des médias internationaux n’enlève rien à la réalité du geste qui soulève le monde. Plus que la chair ce sont les esprits qui sont frappés et c’est l’époque qui rend la chose possible.</p>
<p>Dans le champ artistique les exemples se multiplient à la vitesse du réseau, condition parfois nécessaire mais rarement suffisante de la pratique de la fusion critique. Des Yes Men à Stelarc, des hackers à Banksi, les formes et les terrains sont ouverts. De l’espace public à l’intérieur du corps, de la façade des immeubles aux ramifications du réseau… ils couvrent le champ de l’activité humaine et de l’espace social introduisant des indices, des clefs de décryptage, des moments de doute et de questionnement. La Fusion Critique se distingue dans l’intention des pratiques illusionnistes et formelles, qui se satisferaient du spectaculaires ou du ludique sans en tirer parti pour donner à lire le monde. Pour les mêmes raisons, dans l’idée d’agir sur le monde à son échelle, l’artiste n’exclue aucune de ces dimensions de sa panoplie de crise.</p>
<p>A la différence de la FUSION qui trahit l’effet par l’intention, la FUSION CRITIQUE - contraction métaphorique de la masse CRITIQUE qui fragilise l’équilibre atomique et de la <em>fusion</em> de l’atome susceptible d’apporter une puissance énergétique, certes dévastatrice, mais incomparable – traduit une action symbolique fondée sur l’intrusion de la fiction dans le réel à des fins critiques. C’est la finalité qui fait la différence. En substituant la révélation (décryptage) à la distraction (<em>Entertainment</em>), la FUSION CRITIQUE apporte à la notion de <em>situation</em> un contexte d’application hautement réaliste.
</p>
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